Faune et flore exoplanétaires

Visite encyclopédique du vivant exoplanétaire, sorti tout droit de l’imagination des étudiants en illustration scientifique de l’école Estienne.

ANCORAPLEXUS

ANCORAPLEXUS, s. m. (Hist. Nat. Zoolog.) petit animal habitant la planète Venduxis. La proximité de cette dernière avec les deux soleils de son système provoque en sa surface des vents violents et bouillonnants, pouvant atteindre quatre fois la vitesse de nos plus puissantes locomotives. La plupart des espèces occupant cet écosystème y préfèreront les profondeurs de Venduxis, plus fraîches, parmi les nombreuses crevasses parcourant la planète et pouvant atteindre plus de 450 m jusqu’à de calmes rivières souterraines. C’est ici que vient se nourrir l’ancoraplexus, en groupes de 15 à 25 individus, des moisissures et autres plantes fongiques tapissant les parois humides.

Ce curieux animal, bien qu’ayant de nombreux prédateurs, peut remercier la nature de l’avoir doté d’un système de défense des plus étonnants. En effet, l’ancoraplexus nous paraîtra familier de par sa ressemblance avec l’ornithorynque, si ce n’est qu’au lieu de membres palmaires, ses courtes pattes sont pourvues de longues et épaisses griffes d’environ 20 cm, dont il se sert pour escalader les parois de son habitat. Sa fourrure, d’un noir de jais aux reflets de cobalt lorsque les rayons des soleils la caressent, est drue et rêche. Comparable à une langue de chat, sa queue longue et évasée se voit couverte de ce même pelage, et permet à l’ancoraplexus de harponner plus aisément les murs des crevasses.

Lorsqu’il est menacé, le groupe d’ancoraplexus se précipite vers la surface de la planète, où chaque individu s’amarre au sol, formant un bloc compact pour résister aux vents solaires, tandis que le prédateur qui les aura malencontreusement suivis, déjà épuisé par l’escalade, se verra entraîner par les rafales brûlantes.

Texte Cassandra Vion, illustration Marianne Canu

BISOHYDROS

Espèce aquatique peuplant les fonds marins de la planète Onskaï et auquel on trouve des ressemblances avec nos bovins terrestres. Il est dépourvu de pattes et possède à la place deux larges palmes dont il se sert pour se mouvoir parmi la végétation sous-marine. Sa tête est immense et, chez la femelle, surmontée de cornes colorées qui lui servent aussi bien à séduire les mâles qu’à intimider ses rivales. Cependant, d’un naturel peu farouche, il répugne à se battre et préfère la fuite en cas de réel conflit. On attribue ce comportement à la volonté d’éviter toute blessure, même superficielle, qui, sur cette planète glaciaire, conduirait à la mort de l’animal. Il n’a pas de cou et doit effectuer des rotations de tout le corps pour voir alentour. Cette limite physique ne le met pas danger car il n’a pas de prédateur naturel dans les mers de Onskaï grâce à sa taille immense. Pour se nourrir, il s’étale au sol et y reste accroché avec son poil auto-adhérent. Il attrape ensuite avec sa langue longue d’un mètre les algues qui se trouvent à sa portée et qui constituent la base de son alimentation. Il n’est pas rare qu’il se nourrisse de quelques insectes marins dont il est friand. Tout son corps est recouvert d’un abondant pelage bleu qui flotte autour de lui et le protège des températures extrêmes de son milieu naturel.

Texte de Mathilde Luxey, illustration François-Guillaume Steiner

CANIMAIRU

CANIMAIRU, s.m. (Hist. nat. Zoolog.) nom donné par les explorateurs de la mission spatiale Chakço2090 à un animal de l’exoplanète désertique du même nom.

Sa tête est semblable à celle du chien, avec un museau effilé et démuni de truffe. Ses oreilles sont petites, arrondies et situées de chaque côté de la tête. Ses yeux à multiples facettes sont comme ceux des mouches, lui permettant de voir quasiment à 360°; cela lui donne la possibilité de se camoufler dans le sable présent sur la totalité de l’exoplanète. La bosse située sur son dos est recouverte d’écailles qui protègent ses organes vitaux de la chaleur ambiante et du manque d’eau. Sa respiration se fait par les interstices présents entre ses écailles. Ses pattes courtes sont munies de serres semblables à celles des oiseaux, ce qui lui permet de creuser la surface sableuse de l’exoplanète pour s’y enterrer; sa queue fine et longue pourvue de petits piquants contenant du venin lui permet par un mouvement de balayage de disparaitre complètement de la surface du sol, sûrement pour se camoufler à la vue de ses prédateurs. Mais du fait de la chaleur présente dans l’atmosphère, la complexité d’accès à l’exoplanète est telle que l’on ne sait pas encore de quoi se nourrit cet animal, ni quels pourraient être ses prédateurs.

Texte Marianne Canu , illustration Lou Darracq

STYLAP

STYLAP s.f (hist.nat.bot) Nom donné par les ubéronniens (habitants de la planète désertique Ubéron, exoplanète de Filory du système U235 à 364 années lumières de la Terre) à une plante commune de leur planète. Sa taille est si petite qu’il est presque impossible de la remarquer à l’œil nu. En saison chaude, la Stylap est d’un beige semblable à la couleur du sol, et en saison froide, elle devient entièrement rose. Sa tige est fine et creusée en forme de U, ses feuilles nombreuses et très allongées. Elle développe des fleurs si délicates qu’elles se dispersent au moindre toucher. Celles-ci sont petites et ne possèdent que trois pétales. Ses pistils sont, en revanche, très épais et longs. Ses racines alvéolées et courtes sont la base d’un plat typique de leur planète. Ses fruits semblable à de minuscules pommes, sont apparemment le remède à la nausée vagariale, fréquente sur Ubéron. La Stylap constitue l’alimentation de base du Dropiladaire, un herbivore répandu sur cette planète.

Texte de Mathilde Courtès, illustration de Cassandra Vion

SVARTAFRUKT

SVARTAFRUKT, SVARTAFRUKTEN s. f. (Hist. nat. bot.) Arbrisseau fin aux feuilles noires brillantes et très longues ; il fleurit de décembre à janvier, trente jours sur la planète Utanvatten équivalent à quatre-vingt dix jours terriens. Ses fruits, appelés svartafruktens, de très petites baies bleues et mates, se rassemblent autour de grappes touffues. Leur goût est amer avec une pointe douce et sucrée à la fin de la dégustation. Les peuplades de Utanvatten, dont l’économie, principale repose essentiellement sur des échanges des denrées alimentaires, en sont très friandes, car une seule baie coûte l’équivalent de 100 kg de pommes terrestres. Poussant uniquement dans des endroits reculés, et humides, les svartafruktens sont très difficiles à trouver sur la planète, où règne une grande sécheresse. Très proche d’un astre ressemblant en tous points à notre Soleil, Utanvatten endure au quotidien un climat aride et sec, proche de celui de notre Sahara. De plus, ces baies ont des vertus quelque peu magiques pour nous, puisqu’elles permettent de soigner instantanément une plaie sur n’importe quel être vivant.

Texte Lou Darracq, illustration Mathilde Courtès