[Making of] Retour sur les ateliers

[Nouvelle collaborative]

La signature de l’eau

[Instructions] : Créons une planète ensemble !

Atelier ayant eu lieu entre le 18 septembre et le 1 Novembre 2017 et dirigé par Estelle Faye dans le cadre de l’expérience « La Terre, un scénario original ? »


Bonjour à tous !

Dans cet atelier d’écriture un  peu  particulier, je vous propose d’écrire une nouvelle à plusieurs mains – pour résumer, j’écris un début de nouvelle, puis ce sera à vous d’imaginer la suite. J’interviendrai régulièrement pour faire le point sur l’avancée de la nouvelle, faire un peu de mise en forme, relancer l’histoire au besoin.

Vu le cadre dans lequel cette expérience est lancée, vous vous doutez peut-être du thème de la nouvelle : nous allons créer ensemble une exoplanète. Une planète qui par certains aspects pourra ressembler à la Terre, par d’autres sera radicalement différente – ah, et une planète dans laquelle on pourra mettre plusieurs écosystèmes aussi, pas seulement une planète uniquement de désert ou de glace.

Voilà, je vous propose de raconter tous ensemble une expédition sur cette planète. Quels seront les objectifs de cette mission spatiale ? Que peut-elle apporter à la science ? A l’humanité de ce futur lointain ? Comment réagiront nos explorateurs face aux imprévus, aux défi que leur pose cette planète ? Que découvriront-ils ?

Cette planète, vous pouvez y faire vivre toute une faune extraterrestre – ou pas -, inventer une ancienne civilisation aujourd’hui disparue, ou des conditions de vie si hostiles  qu’elles vont décimer l’équipage, ou le rendre fou. Alors premier contact ou planète vide ? Planète hospitalière ou éléments hostiles ? Quelle sera l’hypothèse la plus intéressante ?

Seul l’avenir, et vos propositions, le diront.

Enfin cette expérience se déroule dans le cadre du projet la Terre, un scénario original, un projet de vulgarisation scientifique auquel participent aussi plusieurs astrophysiciens, une philosophe des sciences , une journaliste scientifique . Vous pourrez leur poser des questions tout au long de l’écriture, ils n’attendent que ça.

Comment participer ?

Rendez-vous sur scenarioterre.wordpress.com, où apparaîtra mon début de nouvelle.

Vous pouvez écrire sa suite, ou la suite de l’un des textes écrit par un autre participant, et poster vos contributions, au choix :

En envoyant votre texte à l’adresse mail du projet : explornova.uni@gmail.com (c’est le plus simple!)

ou sur le blog, en postant aussi en commentaire

ou sur la page Facebook ( www.facebook.com/explorunivers) , en commentaire sous mes posts de texte.

Vous pouvez envoyer des textes dès le 18 septembre -si vous êtes rapides et très, très inspirés – jusqu’au premier novembre inclus.

Et je ferai régulièrement le point sur l’avancée de l’aventure,  sur Facebook et sur le blog.

Le résultat de cette expérience sera présenté en ligne et également durant le festival des Utopiales 2017 (Nantes).

 

Incipit d'Estelle Faye

Le vaisseau des Sourciers s’était posé deux jours plus tôt sur Nova Terra 56, dans une plaine de poussière turquoise, baignée par la lumière aux reflets grenat de l’étoile proche, et barrée au loin par une ligne de sommets dentelés, une chaîne de montagnes sans doute très jeune. Sur certains des pics, une calotte blanche étincelait dans la lueur rose. Des glaciers ?  Difficile de dire à cette distance. En tout cas il y avait de l’eau sur Terra 56. C’était la raison principale de la présence des Sourciers. Les capteurs du vaisseau avaient détecté la signature de l’eau depuis l’espace, dans le spectre lumineux de la planète. D’une manière générale, Terra 56 présentait des conditions quasi idéales pour fonder une nouvelle Terre. Elle était à la même distance de son étoile que la Première Terre de son Soleil. Elle était un peu plus grosse que la Première Terre, la gravité y était donc plus forte, et l’air était plus chargé en dioxyde de carbone, mais rien que des combinaisons adaptées ne puissent compenser. Et il y avait du mouvement à la surface de la planète. Etait-ce des éruptions volcaniques, des vents violents balayant un paysage désert, des pluies ou des orages peut-être ? Ou bien était-ce autre chose, davantage… ? Y avait-il de la vie sur Terra 56 ?

Hateya Somari, la capitaine de l’expédition, une femme âgée tannée par des années d’expéditions spatiales, avait appris à ne plus l’espérer. Depuis des siècles que l’humanité s’était lancée à la conquête du cosmos, on n’avait pas trouvé la moindre trace d’existence extraterrestre, pas même une bactérie. L’homme se résolvait peu à peu à être seul dans l’univers. Et pourtant… Pourtant Hateya avait eu un pressentiment étrange, en apercevant pour la première fois l’horizon de Terra 56  par la baie vitrée de la dunette, ses deux lunes et son jour aux couleurs de crépuscule. L’équipage avait appris à se fier aux intuitions de sa capitaine. Certains murmuraient qu’elle avait des dons chamaniques, hérités de lointains ancêtres sioux, des indiens de la Première Terre. Plus simplement, Hateya avait un bon instinct, aiguisé par des décennies d’observation et d’exploration spatiale. Et cette planète… Aucune exoplanète n’était semblable à une autre, bien sûr, mais Terra 56 avait quelque chose de plus encore. Quelque chose de radicalement différent.

Le lendemain de l’atterrissage, l’équipage avait lancé la première expédition sur le sol, à bord de véhicules tout-terrain, en emportant de l’eau et des rations pour une semaine. Ils étaient partis en équipe réduite, Hateya bien sûr, puis Corey, le mécanicien du bord, un quadra aux cheveux vert vif, aux allures d’éternel adolescent, mais qui était capable de réparer n’importe quelle machine avec quasiment rien  même au milieu d’une tempête de sable. A ceux-là s’ajoutaient deux ingénieurs, Léa et Oslan, deux jumeaux, une biologiste et un géologue, tous deux blonds et pâles, qui vivaient dans leur propre monde et se comprenaient presque sans parole. Et enfin Adrien Sorbier, un prospecteur au service des Compagnies Minières, le consortium privé qui finançait en partie l’expédition.

Au deuxième jour sur Terra 56, le petit groupe arriva au bord d’un ruisseau, à peine un filet d’eau qui serpentait dans la plaine turquoise. La chaîne de montagne s’était quelque peu rapprochée, et en pointant ses jumelles vers elle, Hateya aperçut comme des ombres sur certaines de ses pentes. De la végétation ?  Plus probablement un caprice de la roche… La capitaine balaya l’horizon du regard. Les volutes de poussière masquaient une partie de la plaine. Agenouillés près du ruisseau, microscope en main, Léa et Oslan analysaient la composition de l’eau. Soudain Léa poussa une exclamation.

Le mot de la fin d’Estelle Faye :

Notre atelier d’écriture et notre voyage s’achèvent… Encore un grand merci à tous nos auteurs, de tous âges, de tous horizons. Grâce à vous, cette planète s’est incarnée, s’est couverte de différents reliefs, a connu des climats divers, s’est chargée de passé et d’avenir, de mythes et de vestiges, s’est peuplée d’aliens, de machines et de mystères…

Grâce à vous, l’équipe des Sourciers a pris vie. Léa et Oslan les ingénieurs ont analysé formes de vie étranges et structures extraterrestres, et mis leur lien fraternel à l’épreuve, ou au contraire l’ont renforcé. Corey le mécano a réparé des rovers dans la boue turquoise, communiqué avec une nouvelle forme de vie, assumé des responsabilités inattendues…

Sorbier le prospecteur.. bon, pour être honnête, il était assez mal parti, ce n’était pas le membre d’équipage le plus aimable au premier abord, mais même lui a trouvé son humanité, a eu ses moments de gloire.

Quant à Hateya Somari, la capitaine, c’est souvent ( mais pas toujours) elle qui a eu la relation la plus forte avec Terra 56, qui a tissé les liens les plus étroit avec notre planète.

Je ne vais pas en dire plus sur eux, je laisse les lecteurs les découvrir au fil des textes.

Au cours de notre exploration, quatre nouvelles se sont détachées, sont allées un peu plus loin que les autres. Ce sont nos figures de proue, en quelque sorte.

Il y a la version bleue (la nouvelle qui a eu le plus d’auteurs sur un seul texte), proposition de Mélody Gervais, puis proposition d’O’Scaryne, puis quatre propositions de Noëmie Buffet) ;

la version rouge, celle qui a eu le plus de déclinaisons différentes, et que son auteur principal, Yahiko alias Orson Wilmer, a terminé.

la version turquoise, d’Hélène Néra, terminée ici,

et enfin la version saponaire, de Jonathan Canestro.

Dans ces textes, vous pourrez rencontrer la mémoire d’une civilisation défunte, survivre à des tempêtes et des éruptions volcaniques, contempler des marées dans l’espace, des aubes incroyables et des plaines d’algues turquoises… Vous allez suivre des fils de cuivre, des hypothèses scientifiques et des rêves, et d’étranges ruisseaux de sang. Vous converserez avec des robots siffleurs, vous assisterez à la genèse et la fin d’un monde, et vous apprendrez le premier nom de notre capitaine…

A la fin de l’aventure, certains équipages ont quitté notre planète, d’autres y sont restés. Et toujours, Terra 56 nous aide à nous comprendre, nous autres humains, et à questionner notre humanité.

Le temps des auteurs s’achève, celui des lecteurs commence…

A votre tour, lecteurs, embarquez sur le vaisseau de la Source. Bien des aventures vous attendent sous l’étoile grenat de Terra 56.