Mars, le scénario raté

Mars, ce cher chimpanzé planétologique

Trois raisons de poursuivre les recherches sur Mars, d’après une interview de François Forget, chercheur à l’institut Pierre Simon Laplace, expert en modélisation des climats et environnement des planètes, impliqué dans différentes missions spatiales pour Mars

 

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Pour François Forget, la planète rouge représente une source de données riches et variées, nourrie par un grand nombre de missions spatiales. Il est lui-même impliqué dans plusieurs d’entre-elles : « Exomars, Insight, mars Express. Mars nous occupe beaucoup, ici au laboratoire. C’est une planète facile d’accès pour réaliser des images, effectuer des relevés et à terme, envoyer des astronautes», explique le chercheur. La préparation de l’exploration martienne représente désormais un axe de recherche et développement significatif en termes de moyens. Chose qui aurait pu paraître loufoque il y a encore quelques années, la NASA annonçait, par exemple, le financement du projet VASIMR, une fusée à propulsion magnéto-plasmique à impulsion spécifique variable. Ce mode de propulsion spatiale permettrait d’atteindre Mars en seulement 39 jours. Rien à envier à la Science-Fiction.

Mais poursuivre l’étude de Mars présente surtout deux grands intérêts scientifiques :

François Forget : « La planétologie comparée des systèmes Terre et Mars est pertinente, car ces 2 objets sont très ressemblants. Cette approche s’apparente à celle utilisée en biologie : comparer le corps humain à celui d’autres animaux pour en comprendre le fonctionnement. Cela nous permet par exemple de tester et éprouver le modèle climatique que nous avons développé pour la Terre en l’adaptant à Mars. Ainsi, on retrouve tous les phénomènes météorologiques terrestres sur Mars avec certains effets subtils qui s’expriment plus clairement sur Mars. Dans ce sens, Mars est notre chimpanzé, tandis que Vénus ou Jupiter seraient plus des grenouilles ou des poulpes !

Aujourd’hui Mars possède une fine atmosphère et présente un climat aride. Mais par le passé, il y a 3 ou 4 milliards d’années il en était tout autrement. Que nous dit cette paléomars sur les conditions d’apparition de la vie ? Cet axe de recherche, explique en partie la motivation de nombreuses missions spatiales, notamment à travers l’envoi de rover, non pas pour étudier Mars actuelle mais sa géologie, ses structures plus anciennes : affleurement rocheux, dépôts sédimentaires. En outre, le cas de Mars pose encore un problème dans la résolution du paradoxe du Soleil faible. S’il y a 4 milliards d’années, le Soleil développait une irradiation plus faible, tel que l’annonce le modèle du Soleil. Alors comment se sont maintenues, conjointement sur Terre et sur Mars, des conditions pour abriter de l’eau liquide ? Si pour le cas de la Terre, l’effet de serre de l’atmosphère peut être avancé pour dépasser ce paradoxe, le cas de Mars continue de nous questionner ».

 

Image de bannière  : image brute réalisée par Front Hazcam, caméra à bord du rover Curiosity le 20 spetembre 2017 à 8h.  Credit: NASA/JPL-Caltech

 

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