Version de Thomas

[Nouvelle collaborative]

La signature de l’eau

Incipit d'Estelle Faye

Le vaisseau des Sourciers s’était posé deux jours plus tôt sur Nova Terra 56, dans une plaine de poussière turquoise, baignée par la lumière aux reflets grenat de l’étoile proche, et barrée au loin par une ligne de sommets dentelés, une chaîne de montagnes sans doute très jeune. Sur certains des pics, une calotte blanche étincelait dans la lueur rose. Des glaciers ?  Difficile de dire à cette distance. En tout cas il y avait de l’eau sur Terra 56. C’était la raison principale de la présence des Sourciers. Les capteurs du vaisseau avaient détecté la signature de l’eau depuis l’espace, dans le spectre lumineux de la planète. D’une manière générale, Terra 56 présentait des conditions quasi idéales pour fonder une nouvelle Terre. Elle était à la même distance de son étoile que la Première Terre de son Soleil. Elle était un peu plus grosse que la Première Terre, la gravité y était donc plus forte, et l’air était plus chargé en dioxyde de carbone, mais rien que des combinaisons adaptées ne puissent compenser. Et il y avait du mouvement à la surface de la planète. Etait-ce des éruptions volcaniques, des vents violents balayant un paysage désert, des pluies ou des orages peut-être ? Ou bien était-ce autre chose, davantage… ? Y avait-il de la vie sur Terra 56 ?

Hateya Somari, la capitaine de l’expédition, une femme âgée tannée par des années d’expéditions spatiales, avait appris à ne plus l’espérer. Depuis des siècles que l’humanité s’était lancée à la conquête du cosmos, on n’avait pas trouvé la moindre trace d’existence extraterrestre, pas même une bactérie. L’homme se résolvait peu à peu à être seul dans l’univers. Et pourtant… Pourtant Hateya avait eu un pressentiment étrange, en apercevant pour la première fois l’horizon de Terra 56  par la baie vitrée de la dunette, ses deux lunes et son jour aux couleurs de crépuscule. L’équipage avait appris à se fier aux intuitions de sa capitaine. Certains murmuraient qu’elle avait des dons chamaniques, hérités de lointains ancêtres sioux, des indiens de la Première Terre. Plus simplement, Hateya avait un bon instinct, aiguisé par des décennies d’observation et d’exploration spatiale. Et cette planète… Aucune exoplanète n’était semblable à une autre, bien sûr, mais Terra 56 avait quelque chose de plus encore. Quelque chose de radicalement différent.

Le lendemain de l’atterrissage, l’équipage avait lancé la première expédition sur le sol, à bord de véhicules tout-terrain, en emportant de l’eau et des rations pour une semaine. Ils étaient partis en équipe réduite, Hateya bien sûr, puis Corey, le mécanicien du bord, un quadra aux cheveux vert vif, aux allures d’éternel adolescent, mais qui était capable de réparer n’importe quelle machine avec quasiment rien  même au milieu d’une tempête de sable. A ceux-là s’ajoutaient deux ingénieurs, Léa et Oslan, deux jumeaux, une biologiste et un géologue, tous deux blonds et pâles, qui vivaient dans leur propre monde et se comprenaient presque sans parole. Et enfin Adrien Sorbier, un prospecteur au service des Compagnies Minières, le consortium privé qui finançait en partie l’expédition.

Au deuxième jour sur Terra 56, le petit groupe arriva au bord d’un ruisseau, à peine un filet d’eau qui serpentait dans la plaine turquoise. La chaîne de montagne s’était quelque peu rapprochée, et en pointant ses jumelles vers elle, Hateya aperçut comme des ombres sur certaines de ses pentes. De la végétation ?  Plus probablement un caprice de la roche… La capitaine balaya l’horizon du regard. Les volutes de poussière masquaient une partie de la plaine. Agenouillés près du ruisseau, microscope en main, Léa et Oslan analysaient la composition de l’eau. Soudain Léa poussa une exclamation.

Suite – Version de Thomas

Elle venait de découvrir ce qui ressemblait à des virus et des bactéries inconnues. L’eau était trouble; on y voyait des détritus. Il n’avait aucune végétation sur cette planète pourtant 56 fois plus grande que la Terre. Ils décidèrent d’avancer et ils découvrirent une montagne de déchets. Ils avaient sans doute atterri dans une gigantesque décharge. L’air était riche en dioxyde de carbone, peut-être à cause du manque de végétation mais il semblait y avoir aussi un petit peu de dioxygène selon leurs analyses.

Il leur avait fallu dix jours pour parvenir au sommet des montagnes. Quand ils furent arrivés leur V.V.T. – véhicule volant transportable-tomba en panne. Corey regarda le véhicule et prit un air mécontent. Il annonça au reste du groupe que pour réparer le V.V.T. il lui faudrait au moins cinq jours s’il trouvait les bons matériaux sur place. Par conséquent ils montèrent leur M.S.M-maison spatiale mobile- et se couchèrent.

Le lendemain matin Hateya se leva la première et fut bouleversée par ce qu’elle observa: devant elle se trouvait une immense ville moderne qui recouvrait tout le paysage. Ce qu’ils croyait être de la poussière, était en fait un immense nuage soulevé par une tempête qui leur avait caché cet étrange paysage quand ils avaient atterri…

Quatre jours plus tard, le VVT était réparé et ils avaient démonté leur MSM. ils partirent à la découverte de la ville. Au bout d’un long trajet, ils se trouvèrent devant un immense building aux formes étranges. malheureusement le grillage de la décharge les empêchaient d’aller plus loin.

Tout à coup ils furent mis en joue par des lasers provenant de drones aux formes futuristes qui semblaient propulsés par des champs magnétiques, selon ce que supposait Hateya car elle ne remarquait aucun moyen externe de propulsion. Les drones se mirent à échanger dans une langue inconnue, cependant l’équipage avait bien compris le message à cause des armes pointées sur eux. Ils coopérèrent et se laissèrent capturer. Enfermés dan une sorte de cage propulsée par de petites fusées, ils aperçurent la ville pendant le temps du trajet et ses immenses habitants. La cage se mouvait à une très grande vitesse si bien qu’il leur était difficile de tout bien distinguer. Tout à coup un gaz envahit l’espace et ils s’endormirent…

Ce fut tout d’abord Corey qui s’éveilla, puis Hateya à son tour. Ils se trouvaient dans une sorte d’immense hangar aux dimensions gigantesques qui semblait servir de prison, et dont les portes étaient gardées par des faisceaux de lasers. A l’autre bout de la pièce Léa et Oslan s’éveillèrent. Tous se regroupèrent pour réfléchir à un moyen de s’évader de cet endroit. Corey suggéra de voler un des vaisseaux garés dans ces immenses espaces. Il eut alors une idée : il utilisa les lunettes de Léa pour réfléchir le laser le plus bas et se faufiler dans l’espace libéré.  Ils s’emparèrent d’un des vaisseau dont Corey réussit à prendre le contrôle. Ils survolèrent la grande déchèterie auprès de laquelle ils s’étaient posés…mais ils n’apercevaient toujours pas leur vaisseau.

Hateya émit alors deux hypothèses : soit le vaisseau avait été découvert et détruit, ce qui les mettait dans une position délicate, soit ce qu’ils survolaient était une autre déchèterie…Cette planète insalubre était recouverte de déchets. Corey changea de direction et bientôt ils aperçurent leur engin. Hateya avait raison, leur vaisseau n’avait pas bougé. Ils atterrirent  et montèrent dans leur engin spatial pour regagner la Terre. Ils avaient la preuve qu’une civilisation existait sur Terra 56, mais que la planète était immensément polluée au point d’affecter la signature de l’eau… comme sur la Terre.

 

Thomas, collège de la Norville.